Après l’émotion vient l’heure de l’action. Suite à l’affaire Jean Parmanove, la France entame un tournant judiciaire avec la plateforme de diffusion Kick.
Clara Chappaz, ministre chargée de l’Intelligence Artificielle et du Numérique, vient d’annoncer le dépôt d’une plainte qui reproche à Kick de ne pas avoir bloqué les contenus dangereux.
Une plainte pour négligence déposée par la France contre Kick
En France comme dans d’autres pays du monde, la mort du streamer Raphael Graven, mieux connu sous le nom de Jean Parmanove a suscité beaucoup d’émoi. Une mort survenue au cours d’un live qui aura duré plus de 12 jours sur la plateforme de streaming australienne Kick qui met notamment à l’honneur le stream de casino.
Une plateforme connue pour ses règles plus permissives que d’autres concurrents comme Twitch.
Si la mort du streamer a fait couler beaucoup d’encre, c’est en grande partie en raison des mauvais traitements qu’il semblait subir depuis plusieurs mois.
Ce mardi, la ministre Clara Chappaz a fait savoir que l’État français allait assigner Kick devant le tribunal judiciaire, sur la base de l’article 6.3 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN).
Par cette plainte, la France entend répondre aux nombreux signalements qui se sont multipliés depuis l’affaire Parmanove, dans ce que la ministre qualifie de « Far West numérique ».
Le communiqué de presse qui a d’ailleurs été partagé sur les réseaux sociaux fait aussi état de la création d’une délégation pour mieux encadrer l’économie des créateurs de contenus.
En décembre 2024, le site Médiapart alertait déjà l’opinion publique sur des humiliations et des violences parfois diffusées en direct sur Kick.
Le parquet de Paris s’est aussi saisi de l’enquête
Dans l’affaire Jean Parmanove, cette plainte de la ministre est loin d’être la seule. La semaine dernière, le parquet de Paris s’est aussi saisi de l’enquête en cherchant à déterminer si Kick a sciemment diffusé des vidéos d’atteintes délibérées à l’intégrité du streamer.
Le dossier vise aussi à déterminer si Kick a tenu ses engagements en ce qui concerne la loi européenne sur les services numériques. Cette loi impose à toutes les plateformes de signaler aux autorités un risque de danger pour la vie ou la sécurité des personnes.
Par ailleurs, une autopsie réalisée la semaine dernière mettait en avant que la mort du streamer, survenue dans la nuit du 17 au 18 août, n’était pas due à un traumatisme ou à l’action d’un tiers. De son côté, la plateforme Kick a d’ores et déjà fait savoir qu’elle collaborerait pleinement avec les enquêteurs pour faire la lumière sur cette affaire.