Il est seulement le onzième français a participé aux Worlds de League of Legends. Son nom ? Rudy Semaan que la scène eSport connaît mieux sous le nom de SkewMond. Portrait d’un jungler pas comme les autres qui ne semblait pourtant pas promis au monde de l’eSport.
Une saison de rêve avec G2
S’il n’a pas été sacré rookie de l’année en LEC, SkewMond a confirmé son statut de très gros prospect européen. Il aura quoi qu’il en soit participé activement à l’excellente saison des allemands de G2 Esports. Une saison ponctuée de deux finales (Winter / Spring) et d’un titre acquis avec la manière lors du segment d’été.
Un segment d’été que le jungler français aura dominé de la tête et des épaules avec trois titres de MVP de la phase de groupe, trois trophées en playoffs et le trophée de MVP de la finale. Difficile de faire mieux.
Pour G2 Esports, cette bonne saison s’est aussi traduite par une place aux Worlds. G2 fait partie des trois équipes européennes qualifiées aux championnats du monde LoL (KOI Movistar / Fnatic).
Mais d’entrée de jeu, G2 Esports a pu mesurer la différence de niveau entre la scène européenne et le haut niveau mondial avec une première défaite face aux chinois de Top Esports.
Dans leur deuxième match, face aux espagnols de KOI Movistar, SkewMond et ses coéquipiers ont réussi à l’emporter. Les coéquipiers de Hans Sama, l’autre français de G2 disputeront leur troisième match face aux chinois de Bilibili Gaming samedi.
SkewMond : un joueur que rien ne prédestinait au haut-niveau
Si beaucoup louent la force de travail et la discipline du jungler français, rien ne semblait le predestiner au plus haut niveau. Recalé de chez Solary en 2020 principalement en raison d’un micro défaillant, le joueur découvre League of Legends par l’intermédiaire de son frère quelques années plus tôt.
Après un premier avis moqueur, c’est le coup de foudre. Rapidement, Rudy trouve un moyen d’expression pour sa grande rigueur. Une qualité qui lui permettra de gravir les échelons à la vitesse grand V pour finalement vivre de sa passion.
S’il a longtemps été critiqué pour sa passivité, beaucoup d’observateurs louent chez lui une grosse intelligence de jeu et une capacité d’adaptation bien supérieure à la moyenne.
Ses coachs et ceux qui le cotoient citent surtout sa capacité à se projeter, dans une partie, mais aussi dans sa carrière. Comme l’expliquait récemment Trayton, interrogé par nos confrères de L’Equipe :
Il a un plan dans sa tête, il sait où il veut aller, il sait qu’il doit faire des efforts pour cela, que c’est un job en fait. Peu de joueurs abordent le jeu et se projettent comme ça, c’est très, très, très rare d’avoir cette maturité.