Le marché italien des jeux d’argent en ligne s’apprête à connaître une réforme sans précédent.
À partir du 13 novembre 2025, l’Agenzia delle Dogane e dei Monopoli (ADM), l’autorité italienne des douanes et des monopoles, mettra en œuvre un nouveau cadre réglementaire réduisant le nombre de licences autorisées de 407 à seulement 52.
Ce changement majeur devrait transformer en profondeur le paysage du pari et du gaming numérique dans le quatrième plus grand marché européen des jeux d’argent.
Une concentration massive du marché
Après avoir autorisé 46 nouvelles demandes de licences de jeux d’argent en ligne, les autorités italiennes se lancent dans une stratégie totalement opposée.
Selon le nouveau modèle, 46 des 52 licences seront détenues par des groupes déjà établis, certains opérant plusieurs marques sous un même groupe.
Par exemple, Flutter Entertainment gère en Italie Betfair Exchange, Snaitech et Sisal sous la même entité.
Cette réforme limite désormais chaque licence à un seul site web, mettant ainsi fin aux sites dits “skins”, ces plateformes tierces affiliées qui revendaient les produits d’opérateurs autorisés.
Sur les 407 sites actifs recensés dans le pays, plus de 350 fonctionnent actuellement sous ce modèle, dont 315 sont gérés par des sociétés italiennes et 92 par des acteurs étrangers.
Un nouvel équilibre concurrentiel, mais des défis persistants
D’après les experts du secteur, la suppression des sites affiliés pourrait rétablir une concurrence plus saine, en réduisant le nombre d’intermédiaires et en mettant tous les acteurs face à un marché plus lisible et plus transparent.
Cependant, le marché italien reste difficile d’accès pour les nouveaux entrants : les frais de licence sont élevés, les restrictions publicitaires sont strictes (notamment l’interdiction du sponsoring sportif) et la nécessité d’une notoriété forte rendent la compétition plus difficile pour les petites structures.
L’ADM impose également de nouvelles règles de protection des joueurs :
à partir du 13 novembre, les parieurs devront fixer leurs propres limites de dépôt et de mise, directement depuis les sites autorisés.
Les opérateurs devront afficher des bannières incitant les utilisateurs à paramétrer ces limites, sous peine de suspension du compte après six mois d’inactivité de validation.
Les joueurs qui ne respectent pas cette mesure pourront réactiver leur compte dans un délai de trois ans, après avoir accepté les nouvelles conditions.
Une tendance européenne vers plus de régulation
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de durcissement réglementaire observé en Europe.
Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont récemment mis en place des contrôles d’accessibilité financière plus stricts et des mécanismes de jeu responsable renforcés.
L’Italie, en adoptant ces mesures, confirme sa volonté d’améliorer la sécurité des joueurs et de limiter les risques financiers liés au jeu excessif.
Ces réformes s’inscrivent dans un secteur pesant 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, dont près de 8 milliards d’euros de recettes fiscales pour l’État italien.
Et en France ? Un modèle stable mais de plus en plus encadré
En France, la régulation du jeu en ligne est assurée par l’Autorité nationale des jeux (ANJ), qui supervise aujourd’hui 17 opérateurs agréés couvrant les meilleures offres des sites de paris sportifs, de course hippiques et de jeux de casino.
Depuis 2024, l’ANJ a renforcé ses exigences en matière de prévention du jeu excessif et de lutte contre les sites illégaux, notamment via un blocage administratif plus rapide et des obligations de transparence plus strices pour les opérateurs.
La France suit donc, elle aussi, la voie d’une régulation plus stricte et centralisée, à l’image de l’Italie et des autres grands marchés européens, avec pour objectif de protéger les joueurs tout en garantissant un marché sain et contrôlé.