Depuis l’élection présidentielle américaine de 2024, les plateformes comme Polymarket se développent à vitesse grand V. Ces sites proposent aux utilisateurs de miser sur des événements politiques, sportifs ou géopolitiques via un système binaire « YES/NO », avec possibilité de revendre sa position avant la résolution de l’événement.
Des plateformes interdites en France depuis 2024
Entre janvier et octobre 2025, les volumes cumulés des principales plateformes de prédictions ont dépassé 27,9 milliards de dollars.
Malgré cette popularité croissante et leur utilisation par certains analystes comme outil complémentaire aux sondages traditionnels, l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) rappelle fermement que ces plateformes sont illégales en France et constituent des sites de jeux d’argent non autorisés présentant des risques majeurs pour les utilisateurs.
Face à cette situation, l’ANJ a obtenu dès novembre 2024 la mise en place d’un dispositif de géoblocage par les principaux acteurs du secteur que sont Polymarket et Kalshi, empêchant théoriquement toute prise de jeu depuis le territoire français en dehors de l’utilisation d’un VPN.
Cette mesure s’inscrit dans une tendance européenne plus large : l’Allemagne, la Belgique, la Roumanie, la Suisse, les Pays-Bas, la Pologne, la Grèce, Chypre, l’Ukraine et le Portugal ont également bloqué l’accès à Polymarket, considérant que la plateforme propose des services de jeux d’argent sans licence appropriée. Aux Etats-Unis, Polymarket est autorisé par la CFTC.
L’ANJ met en garde contre le risque d’addiction
L’ANJ met particulièrement en garde contre les risques d’addiction amplifiés propres à ces plateformes. Contrairement aux sites de jeux d’argent en ligne légaux, aucune protection n’est proposée : fonctionnement 24h/24, absence de limitateurs de paris intégrés, pas de contrôle d’identité pour vérifier la majorité des utilisateurs, ni de limite de temps imposée.
Le marketing de ces plateformes cible spécifiquement une population jusqu’ici insensible aux jeux de casino ou paris sportifs classiques, en présentant ces marchés comme une forme d’investissement légitime plutôt que comme du jeu d’argent.
Cette perception erronée renforce une illusion de compétence : l’utilisateur se croit capable de prédire l’actualité mieux que les autres, ce qui alimente une boucle addictive particulièrement dangereuse.
La médiatisation de gros gains réalisés sur ces marchés et la comparaison avec le crypto trading renforcent cette illusion du gain facile. Au-delà de l’addiction, l’ANJ souligne d’autres risques comme la manipulation de marché ou la création d’incitations financières à provoquer des issues négatives, notamment dans le sport ou la géopolitique.