ESport féminin en France : état des lieux en 2026

Maxime Valère
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Table des matières
  1. La place des femmes dans l’eSport en France 
  2. Pourquoi les femmes sont marginalisées dans l’eSport ?
  3. Circuit pro : quelles sont les équipes françaises à suivre ?
  4. Qui sont les joueuses professionnelles françaises les plus connues ?
  5. Les autres femmes qui font l’eSport en France
  6. Promouvoir l’eSport féminin en France : Compétitions et associations
  7. Game Changers : Vers un tournant pour l’eSport féminin ?
  8. Conclusion
  9. FAQ
Les femmes luttent pour une meilleur visibilité dans l'esport en france

L’esport féminin connaît une croissance encourageante en France, avec un nombre croissant de joueuses passionnées et d’équipes dédiées. Pourtant, malgré cet essor, la visibilité des femmes dans les compétitions et sur la scène professionnelle reste encore limitée.

Ce manque de reconnaissance freine leur développement et souligne la nécessité de continuer à soutenir et promouvoir la mixité dans ce secteur en pleine expansion.

Cet article fait le point sur la situation actuelle de l’esport féminin en France, ses défis, ses acteurs clés et les initiatives qui œuvrent pour un avenir plus inclusif.

La place des femmes dans l’eSport en France 

L’essor du gaming chez les femmes en France

📢Le gaming séduit de plus en plus de femmes en France. En 2024, 67 % des Françaises jouent aux jeux vidéo, avec une moyenne d’âge de 39 ans. Elles représentent désormais 48 % des joueurs réguliers, soit environ 18,3 millions de personnes.

Une dynamique soutenue par l’accessibilité des plateformes numériques et une offre de jeux plus variée. Les 16-30 ans se montrent particulièrement investies : 56 % d’entre elles jouent chaque jour. Pourtant, seule 1 femme sur 7 se considère ouvertement comme « gameuse ».

La féminisation du secteur progresse (24 % des salariés en studio en 2023), mais reste encore en retrait par rapport à la moyenne mondiale.

Sous-représentation des femmes dans l’eSport français : chiffres clés

📢Bien que les compétitions d’eSport soient officiellement mixtes, les femmes y restent très largement minoritaires. En 2023, elles ne représentaient que 7 % des participants en France, alors qu’elles constituent 52 % des joueuses de jeux d’affrontement.

Ce décalage s’observe particulièrement sur League of Legends, Valorant ou Fortnite, où les femmes sont quasi absentes des scènes professionnelles.

Au niveau mondial, la tendance est similaire : moins de 5 % des joueurs professionnels sont des femmes, malgré une parité quasi atteinte chez les joueurs amateurs. 

Certains titres affichent toutefois des taux de participation féminine légèrement plus élevés :

  • Hearthstone : 26 % de joueuses professionnelles
  • Overwatch : 26 %
  • Rainbow Six: Siege : 23 %
  • CS:GO : 24 %
  • Dota 2 : 20 %

🚨Ces chiffres restent très faibles au regard des 47 % de femmes dans le gaming global, traduisant un fort déséquilibre entre les sphères amateure et professionnelle. Les efforts de certaines ligues et associations commencent à porter leurs fruits, mais la progression demeure lente.

Pourquoi les femmes sont marginalisées dans l’eSport ?

Plusieurs raisons expliquent cette marginalisation des femmes dans l’esport. Parmi elles, trois motifs sortent du lot.

Sexisme et clichés de genre

Le sexisme reste un frein majeur à la présence des femmes dans l’eSport. Nombreuses sont celles qui subissent moqueries, insultes ou comportements condescendants lorsqu’elles s’affichent en ligne.

Ce climat toxique alimente un sentiment d’illégitimité, renforcé par des stéréotypes de genre persistants : les hommes seraient « naturellement » plus compétitifs ou doués en jeu. Résultat : les femmes hésitent à se lancer dans une carrière eSportive, ou finissent par abandonner face à la pression.

Le manque de représentations féminines dans les grandes compétitions renforce ce cercle vicieux, malgré la mixité théorique des tournois.

🎮Formation au jeu vidéo

Les femmes ont souvent un accès plus tardif et moins soutenu à la pratique intensive des jeux compétitifs. Dès l’enfance, les garçons sont plus encouragés à jouer, à s’équiper (PC gaming, consoles) et à intégrer des environnements compétitifs.

À l’adolescence, ce décalage se creuse : les jeunes filles ont moins de modèles féminins à suivre, moins de temps libre à consacrer au jeu et parfois des familles qui jugent cette activité moins légitime.

Ces freins à la pratique régulière limitent l’acquisition des compétences nécessaires pour percer dans les circuits compétitifs.

💵Écart salarial

L’esport reproduit les inégalités de genre déjà présentes dans d’autres industries : les femmes gagnent en moyenne moins que leurs homologues masculins, même à niveau égal.

Les cashprizes sont rarement remportés par des équipes mixtes ou féminines, et les sponsors investissent davantage sur les joueurs hommes, perçus comme plus rentables.

Cette différence de traitement économique agit comme un élément dissuasif pour de nombreuses joueuses, qui peinent à envisager une carrière stable et rentable dans le milieu.

Le manque d’équité salariale alimente un climat où les femmes peinent à s’imposer comme des professionnelles à part entière.

Circuit pro : quelles sont les équipes françaises à suivre ?

Sur la scène eSport féminine, trois équipes françaises se démarquent particulièrement.

  • Team Vitality s’est imposée à l’Esports World Cup sur Mobile Legends: Bang Bang, en remportant chaque match sans concéder une seule carte. Ce sacre mondial couronne une montée en puissance amorcée en 2024. 
  • Enfin, Zerance, jeune structure parisienne, s’illustre sur CS2 avec le recrutement de Prototype Blaze, finalistes de l’ESL Impact. 

Qui sont les joueuses professionnelles françaises les plus connues ?

Si l’esport féminin continue de gagner en popularité, c’est en grande partie grâce aux performances remarquables de certaines joueuses françaises.

Marie-Laure « Kayane » Norindr

📢Marie-Laure Norindr, connue sous le pseudonyme de Kayane, est une figure emblématique de l’esport français. Née à Paris en 1991 et d’origine laotienne et vietnamienne, elle commence la compétition dès l’âge de 9 ans dans les jeux de combat comme SoulCalibur, Dead or Alive ou Street Fighter.

Précoce et talentueuse, elle devient vice-championne de France à ses débuts et enchaîne rapidement les succès, jusqu’à obtenir le record Guinness du nombre de podiums féminins en tournois de jeux de combat

À l’international, elle s’illustre notamment à l’EVO et au Major League Gaming. En parallèle de sa carrière de joueuse, elle est animatrice sur Game One, ambassadrice de l’eSport pour le gouvernement, et auteure de son autobiographie “Parcours d’une e-combattante”.

🚀Actrice engagée dans la communauté, elle organise les « Kayane Sessions » pour promouvoir l’entraide entre joueurs. Son influence dépasse le jeu : elle est même apparue dans plusieurs jeux vidéo.

Ève « Colomblbl » Monvoisin 

📢Ève « Colomblbl » Monvoisin est une joueuse française de 25 ans, récemment devenue une figure majeure de la scène compétitive féminine de League of Legends.

En septembre 2022, elle rejoint G2 Hel, la toute nouvelle équipe féminine créée par le prestigieux club européen G2 Esports, où elle occupe le poste de support. 

Avant cela, Ève jonglait entre compétitions amateurs et études, ayant obtenu un master en langues. Sa sélection chez G2 marque un tournant dans sa carrière, la propulsant au statut de joueuse professionnelle à plein temps.

🚀Malgré la rareté des compétitions féminines dans Lol, Colomblbl incarne l’espoir d’un avenir plus inclusif. Ambassadrice engagée, elle milite pour plus de mixité et de reconnaissance dans l’eSport.

Les autres femmes qui font l’eSport en France

L’esport ne se limite pas aux joueuses. De multiples métiers composent l’écosystème du sport électronique.

Julie Jeanniot – Riot games brand manager

📢Julie Jeanniot, à seulement 28 ans, est une figure incontournable de l’eSport féminin en France. En tant que chef de produit pour League of Legends chez Riot Games puis brand manager, elle joue un rôle majeur dans la structuration et la promotion de la scène compétitive, notamment féminine. 

Passionnée depuis toujours par le jeu vidéo, Julie a su transformer cette passion en carrière, apportant une expertise précieuse à l’éditeur.

Son influence dépasse la simple gestion de produit : elle contribue activement à créer une culture inclusive autour de LoL, valorisant les événements, les cosplays, et la communauté.

🚀Julie est une ambassadrice engagée qui facilite la visibilité et la reconnaissance des joueuses, aidant ainsi à faire évoluer les mentalités dans un univers longtemps dominé par les hommes.

Amélie Canet – Fan activities directrice team Vitality

📢Amélie Canet joue un rôle clé dans la promotion de l’eSport féminin en France grâce à son poste de Fan Activities Director chez Team Vitality, l’une des équipes les plus influentes du pays.

Forte d’une expérience chez Disney, elle a rejoint Vitality en 2020 pour dynamiser la relation entre l’équipe et ses fans.

Amélie transforme la passion des supporters en opportunités économiques durables, notamment via l’évolution de l’application V.Hive, devenue un outil stratégique B2B. Sous sa direction, un département dédié au data et au growth marketing a été créé, aidant les partenaires à mieux se positionner.

🚀Par son travail, elle favorise une meilleure visibilité et un soutien accru à toutes les composantes de l’eSport, y compris les initiatives pour encourager la mixité. Amélie incarne ainsi l’innovation et l’engagement qui contribuent à renforcer la place des femmes dans l’industrie française de l’eSport.

Laure « Bulii » Valée – Journaliste

📢Laure Valée, connue sous le pseudonyme Bulii, est une figure incontournable du journalisme eSport en France. Depuis ses débuts en 2014, elle s’est imposée comme une voix influente, notamment grâce à ses articles, interviews et reportages qui mettent en lumière les parcours des femmes dans ce milieu. 

Son travail va bien au-delà de la simple couverture médiatique : en racontant les défis rencontrés par ces joueuses et professionnelles, elle contribue à déconstruire les stéréotypes et à sensibiliser le public à l’importance d’une meilleure représentation féminine.

Bulii participe aussi activement à la communauté eSportive, en intervenant lors d’événements majeurs comme le Red Bull League of Its Own.

🚀Son engagement inspire de nombreuses jeunes femmes à s’impliquer dans l’eSport, faisant d’elle un pilier essentiel dans la promotion et la valorisation de la scène féminine française.

Célia « Helydia » Tansel – Commentatrice Valorant

📢Célia Tansel, mieux connue sous le pseudonyme Helydia, s’est rapidement imposée comme une voix majeure du Valorant compétitif en France. Reconnue pour son calme et sa fine lecture du jeu, elle allie expertise et passion dans son rôle de commentatrice professionnelle.

Au-delà de ses performances remarquées en tant que joueuse, Helydia est devenue une figure emblématique de la scène féminine et inclusive de l’eSport. Par sa présence régulière lors d’événements, de showmatchs et de projets collaboratifs, elle promeut la mixité et l’accessibilité dans un univers encore largement masculin.

Sa visibilité contribue à normaliser et valoriser la place des femmes dans les compétitions et dans les commentaires, inspirant ainsi une nouvelle génération.

🚀Très active sur Twitch, YouTube et les réseaux sociaux, Helydia incarne avec authenticité et dynamisme une nouvelle vague d’acteurs eSportifs qui brillent autant en ligne que sur scène.

Promouvoir l’eSport féminin en France : Compétitions et associations

📢L’eSport féminin connaît en France un développement dynamique grâce à des initiatives variées qui encouragent la visibilité, la participation et l’égalité des chances dans un milieu encore majoritairement masculin.

Pour promouvoir cette diversité, plusieurs compétitions dédiées aux joueuses ainsi que des associations et collectifs engagés œuvrent à faire évoluer les mentalités et à soutenir les talents féminins.

Ces actions contribuent à créer un écosystème plus inclusif et à ouvrir des portes pour les joueuses, tant au niveau amateur que professionnel.

🏆Compétitions

La coupe des étoiles

La Coupe des Étoiles est la plus grande compétition française dédiée à l’eSport féminin et aux genres marginalisés sur le jeu League of Legends. Organisée par Riot Games France, Webedia et DivE, elle rassemble les meilleures équipes lors d’un tournoi annuel de grande envergure.

En 2024, la compétition a suivi un format comprenant quatre qualifications ouvertes. La grande finale s’est tenue en LAN lors de la Paris Games Week 2024, offrant une scène prestigieuse et une visibilité accrue aux joueuses.

La Coupe des Étoiles est aussi un moment de rassemblement pour la communauté féminine de l’eSport, un lieu d’échanges et de partage qui renforce le sentiment d’appartenance et encourage la persévérance.

🚀Elle joue un rôle clé dans la construction d’une scène eSportive plus équilibrée en termes de genres, en montrant que les joueuses ont leur place dans la compétition et la performance.

La ligue féminine de League of Legends

Autre initiative phare, la ligue féminine de League of Legends en France est une plateforme compétitive dédiée exclusivement aux joueuses. Ce circuit permet à des talents féminins de s’exprimer sur l’un des jeux les plus populaires de la scène eSport mondiale.

La ligue a contribué à révéler plusieurs joueuses influentes, parmi lesquelles Nemari, streameuse et joueuse française reconnue. Nemari est devenue une figure emblématique de la ligue grâce à sa qualité de jeu, son charisme et son engagement pour la promotion de l’eSport féminin.

Elle incarne un modèle inspirant, démontrant que les femmes peuvent réussir et s’imposer dans un univers compétitif tout en construisant une communauté autour de leurs streams et contenus.

🚀La ligue féminine de League of Legends permet ainsi de mettre en avant des profils diversifiés et d’encourager l’essor d’une scène féminine plus visible et reconnue.

🙋🏻‍♀️Associations et collectifs

Women in Games France

Women in Games France est une association loi 1901 fondée en 2017 par Audrey Leprince et Julie Chalmette, qui vise à encourager la mixité dans l’industrie française du jeu vidéo.

Face à la faible représentation des femmes dans ce secteur, l’association œuvre pour doubler leur nombre en 10 ans, notamment en améliorant leur visibilité et en soutenant les compétitrices d’esport via un incubateur, I-WIG.

🚀Women in Games France organise aussi des ateliers de formation, des actions contre le cyberharcèlement, et favorise le networking professionnel. Très active, elle collabore avec des acteurs majeurs comme Ubisoft et le CNC pour promouvoir l’égalité et sensibiliser les jeunes aux métiers du jeu vidéo.

Game’Her

Game’Her est une association engagée pour promouvoir la mixité, la diversité et l’inclusion dans les univers du jeu vidéo, de l’audiovisuel et de l’esport.

Elle organise des tournois mixtes sur des jeux comme League of Legends et Hearthstone, tout en développant des campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux.

Active sur Twitch, Game’Her diffuse des lives et émissions dédiés à la diversité, visant à informer et divertir sa communauté. L’association participe aussi à des événements comme des conférences et festivals pour sensibiliser un large public.

🚀Composée de bénévoles, elle travaille principalement via Discord, facilitant l’engagement à distance tout en organisant des rencontres IRL quand possible.

Game’Her inclut également une équipe de graphistes et de rédacteurs qui valorisent ses actions à travers visuels et articles.

Game Changers : Vers un tournant pour l’eSport féminin ?

📢Le programme Game Changers de Riot Games, initialement lancé pour Valorant, a été un véritable catalyseur pour l’eSport féminin, offrant des compétitions dédiées aux femmes et personnes marginalisées, avec pour but de favoriser une scène compétitive plus inclusive.

Fort de ce succès, Riot Games étend désormais cette initiative à League of Legends avec la création du tournoi officiel League of Legends Game Changers (LGC) en région EMEA.

La première édition, nommée LGC Rising, débutera en août 2025, avec une phase en ligne et une grande finale prestigieuse programmée sur la scène de la Paris Games Week 2025.

🚀Ce nouveau circuit offre aux joueuses un environnement compétitif sécurisé, mêlant invitations directes et qualifications ouvertes, et bénéficie du soutien des équipes LEC et partenaires comme Webedia.

Conclusion

L’esport féminin en France progresse, porté par une croissance constante du nombre de joueuses et des initiatives comme Game Changers ou la Coupe des Étoiles, qui favorisent visibilité et inclusion.

Malgré cela, les femmes restent sous-représentées dans les compétitions professionnelles, freinées par des stéréotypes, un accès inégal à la pratique et des écarts économiques persistants.

À l’international, la tendance est similaire, avec des programmes dédiés à la mixité qui commencent à faire bouger les choses. Le développement d’un écosystème plus inclusif et sécurisé, soutenu par des acteurs engagés, reste essentiel pour permettre aux joueuses de s’épanouir et d’accéder pleinement à la scène compétitive mondiale.

FAQ

Une fille peut-elle rejoindre une équipe d’eSport ?

Oui, les filles peuvent rejoindre des équipes d’eSport, notamment grâce à des initiatives et ligues dédiées qui encouragent la mixité et offrent des opportunités spécifiques.

Y a-t-il des femmes dans l’eSport ?

Oui, les femmes sont présentes dans l’eSport, bien que leur représentation reste minoritaire, elles gagnent en visibilité grâce à des compétitions et associations engagées.

Pourquoi y-a-t-il si peu de joueuses dans les tournois eSport ?

Le faible nombre de joueuses s’explique principalement par des obstacles tels que le sexisme, un accès moins précoce à la pratique compétitive et des inégalités économiques dans le milieu.

Maxime Valère

Rédacteur web technique et passionné d’e-sport, je suis né avec une manette dans une main et un flux Twitch dans l’autre. Mon travail : faire le pont entre la culture gaming et l’info claire, bien écrite, avec ce qu’il faut de fond et de forme. Mon terrain, c’est celui où le skill, le style et la sueur s’entremêlent, et rien de moins.
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